Les boules de Moulins

Après avoir pris connaissance de l'histoire des ballons montés, écoutez (ou lisez plutôt ;-)) celle des boules de Moulins qui furent utilisées durant la même période troublée du siège de Paris...

Historiquement, d'autres moyens (ballons montés, pigeons voyageurs notamment qui transportaient des microfilms particulièrement améliorés par M. René Dagron) avaient été utilisés pour correspondre entre Paris et la Province, dans ce sens uniquement, afin que les assiégés puissent entretenir encore des relations avec leurs connaissances en dehors du siège prussien, sachant qu'ils souffraient déjà, non seulement de l'enfermement, mais aussi de la famine, des maladies, etc...

Inventée par trois ingénieurs, MM. Pierre-Charles Delort, Robert et Vonoven, la boule de Moulins était une astuce utilisée par la Province française pour pouvoir continuer à correspondre avec la capitale durant le siège de Paris par les Prussiens, entre le 18 septembre 1870 et le 28 janvier 1871.

Il convient tout de même de préciser que ce système était inspiré des pratiques de contrebandiers dans le fleuve Yser, entre la France et la Belgique.

Pourquoi "de Moulins", me demandez-vous (si, si, je vous ai entendus ;-)) ? Hé bien, tout simplement parce que le courrier "posté" par ce subterfuge était centralisé dans une ville de l'Allier, Moulins, avant d'être expédié.

Ces boules étaient en fait des cylindres, pesant environ 2 kg, d'un diamètre de 12 cm et d'une longueur de 20 cm, étanches en zinc qui, une fois chargés de leur précieuse (voire très précieuse aujourd'hui, comme en témoigne la cote atteinte par ces plis) marchandise (entre 500 et 600 lettres, de 4 g chacune maximum, par boule), étaient refermées par soudure.

Le courrier, portant la mention "Paris, par Moulins (Allier)", qu'elles contenaient, était affranchi à 1 franc, dont 80 cts pour les trois inventeurs.

Boule de Moulins découverte le 6 août 1968 à Saint-Wandrille

Mises à l'eau en amont de la capitale, entre Bray-sur-Seine et Montereau, toutes deux situées en Seine-et-Marne, munies d'ailettes qui devaient leur permettre de tourbillonner sur elles-même dans la Seine, les boules devaient être bloquées par des filets puis récupérées au Port de l'Anglais, à Alfortville (Val-de-Marne).

MM. Delort et Robert s'envolèrent par le ballon Denis-Papin le 7 décembre 1870 depuis la gare d'Orléans afin d'organiser ces expéditions depuis la Province et M. Vonoven resta à Paris pour les réceptionner.

M. Bertrand, directeur des Postes de Moulins, se dévoua particulièrement pour ce projet, en collaboration avec la Poste de Cosne où étaient stockées toutes les fameuses boules.

Hélas, bien qu'ingénieux, ce système ne put rien contre la vase et les divers obstacles inhérents au milieu aquatique d'un fleuve tel que la Seine.

Au grand regret, financier, des inventeurs des boules, aucun des 55 cylindres immergés (donc entre 27.500 et 33.000 plis au total) durant le siège de Paris ne fut repêché !

Néanmoins, on en retrouva petit à petit, dont la 1ère en mars 1871. Puis une petite trentaine jusqu'en 1910. Une en 1942 par un scaphandrier au pont de fer de Melun, une autre en 1952 (ou 1951 ?) par des enfants à Bazoches-les-Bray (Seine-et-Marne). Aventure enfantine dont s'inspira le roman "Le collier de feu".Une autre fut aussi découverte en 1954 dans cette même ville ! Ensuite, en 1956, à Montereau.

Puis, une boule le fut le 6 août 1968 à Saint-Wandrille, en Seine-Maritime, par le conducteur d'un engin de dragage, M. Le Grevellec. Plus près de nous, M. Jacques Duval en retrouva une le 14 avril 1982 à Vatteville-la-Rue, dans le même département, puis la plus récente, et la dernière à ce jour (4 juillet 2010) le fut en 1988.

Ces plis, d'une valeur historique et pécunière importante, font l'objet de l'apposition d'une marque officielle par l'Administration postale.

La Poste, voulant honorer sa mission d'envoi du courrier quelque soit le temps que cela prenne, tente de retrouver les descendants des destinataires...

Commentaires (1)

1. georges5334 05/07/2010

bonjour.et oui la poste arrive a livrer du courrier 130 ans plus tard malgré tous les obstacles de la nature et met + de 15 jours pour livrer une lettre a 10 km de distances.

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